Avez-vous déjà vécu cela : votre corps est assis sur le canapé, mais votre esprit s’inquiète encore du rapport de demain, ou regrette une parole malheureuse prononcée hier ? Vous pensez au travail en mangeant, vous espérez quitter le travail pendant que vous travaillez, vous faites défiler votre téléphone tout en discutant avec des amis et vous vous sentez anxieux pour l’avenir tout en faisant défiler votre téléphone.
Il semble que nous soyons toujours ailleurs ; le corps est ici, mais les pensées oscillent entre le passé et le futur.
Pourquoi avons-nous tout mais nous sentons-nous toujours malheureux ? Eckhart Tolle, auteur du livre "Le Pouvoir du moment présent", dit que la réponse est simple :
Parce que vous avez été "kidnappé" par votre propre cerveau.
Une machine sans fin vit dans votre cerveau
Dès que nous ouvrons les yeux chaque jour jusqu’à ce que nous nous endormions, il y a une voix dans notre tête qui tourne sans cesse — critiquant, se plaignant, comparant et s’inquiétant, sans un instant de répit.
Nous sommes accros à la pensée, mais nous ne nous en sommes jamais rendu compte.
Il y a de nombreuses discussions dans le monde sur l’addiction, comme l’addiction au téléphone, l’addiction au shopping et l’addiction à l’alcool, mais presque personne ne parle de l’addiction à la pensée.
Nous pensons même que penser sans fin est une bonne chose, que nous avons besoin de "bien réfléchir" et de "tout prendre en compte".
| État | Description |
|---|---|
| En vous brossant les dents | Vous pensez à ce qu’il faut faire après être arrivé au bureau |
| En déjeunant | Vous pensez aux projets pour le week-end |
| En étant allongé dans votre lit prêt à dormir | Vous repensez à quelque chose d’agaçant que quelqu’un a dit aujourd’hui, restant de plus en plus éveillé à mesure que vous y pensez |
Ce que la Pensée aime le plus, c’est vous éloigner du présent et vous faire vivre dans les souvenirs du passé ou les préoccupations de l’avenir.
Parce que la Pensée ne peut prouver son existence que lorsqu’elle crée des problèmes et génère des pensées.
Cette machine à
Penséeest devenue votre maître, et non votre outil.
Pourquoi sommes-nous kidnappés par notre propre pensée ?
Eckhart Tolle souligne que la raison pour laquelle nous devenons esclaves de la Pensée est que nous confondons la pensée avec nous-mêmes.
De l’enfance à l’âge adulte, nous construisons notre identité propre à travers nos expériences de croissance, nos valeurs et les étiquettes qui nous sont apposées :
- "Je pense que le succès devrait ressembler à ceci"
- "Je dois être très riche pour être heureux"
- "Je dois avoir de grandes réalisations pour être reconnu"
- "Je dois être populaire sur les réseaux sociaux"
Ces étiquettes et identités constituent un faux moi, appelé l’"Ego".
L’Ego déteste le moment présent. Tout ce qui lui importe, c’est le passé et le futuro :
| Direction du temps | Comment l’Ego opère |
|---|---|
| Passé pesant | Se définir par ses expériences passées, rejouant sans cesse les vieilles blessures, faisant du regret et de la culpabilité une partie de qui vous êtes |
| Futur anxieux | Placer le bonheur dans le "quand j’aurai de l’argent/obtiendrai une promotion/prendrai ma retraite", toujours à la poursuite d’un objectif qui n’est pas encore là |
Le philosophe Descartes a dit : "Je pense, donc je suis", mais Eckhart Tolle pense que c’est précisément la source de la souffrance.
La Pensée ne devrait être qu’un "outil" pour nous aider à résoudre des problèmes, mais elle s’est transformée en "maître".
Lorsque vous êtes obligé de réfléchir 24 heures sur 24, l’anxiété naît.
Quelle est la différence entre le "Temps de l’horloge" et le "Temps psychologique" ?
Le livre propose une distinction cruciale :
| Type de temps | Description | Impact |
|---|---|---|
| Temps de l’horloge | Gérer les affaires quotidiennes, planifier, tirer des leçons de ses erreurs | Outil de survie essentiel, retour au présent une fois terminé |
| Temps psychologique | Se complaire dans la culpabilité passée ou placer son bonheur dans le futur | Racine de l’anxiété, porter une lourde charge psychologique |
Par exemple, une épouse rentre du travail et découvre que son mari ne s’est pas occupé des enfants et que la maison est en désordre.
Si seul le Temps de l’horloge est utilisé, le problème peut être résolu en 10 à 20 minutes :
- Ranger les jouets
- Communiquer avec le mari
- S’occuper des enfants
- Aller se promener et discuter ensemble
Mais si elle tombe dans le Temps psychologique, elle passera d’abord 20 minutes à déterrer de vieux griefs :
- "Je n’aurais jamais dû t’épouser au départ"
- "Tu n’arrêtais pas de dire qu’on s’occuperait des enfants ensemble, et qu’est-ce qui s’est passé ?"
- "Je savais que j’aurais dû épouser Untel"
20 minutes se sont écoulées, pas un seul problème n’a été résolu, et la souffrance s’est multipliée.
Peu importe "ce qui s’est passé" ou "ce qui se passera" dans la vie, le seul moment où cela se produit est toujours "Maintenant" (Now).
Attention au parasite intérieur : qu’est-ce que le "Corps de souffrance" ?
Avez-vous déjà vécu cette expérience : votre humeur était plutôt calme, mais soudain vous vous êtes senti instantanément furieux à cause d’une parole irréfléchie de votre partenaire ?
L’émotion était si forte que même vous avez senti que quelque chose n’allait pas et, avec le recul, vous avez eu l’impression d’avoir surréagi.
Ce n’est peut-être pas parce que vous avez mauvais caractère, mais parce que le "Corps de souffrance" (Pain-Body) en vous s’est réveillé.
Le
Corps de souffranceest un champ d’énergie émotionnelle négative accumulé par toute la souffrance non libérée du passé. Il se cache généralement comme un parasite, mais il se réveille périodiquement, se renforçant en se nourrissant de votre souffrance.
| Actions du Corps de souffrance | Description |
|---|---|
| Chercher le conflit | Provoquer activement votre entourage pour créer des disputes, afin de tirer de l’énergie de cette souffrance |
| Activer le corps de souffrance des autres | Votre explosion émotionnelle stimulera le Corps de souffrance de l’autre personne, entraînant des blessures et une alimentation mutuelles |
| Amplifier les petites irritations | Une chose minuscule déclenche une réponse émotionnelle bien au-delà de ce qui est raisonnable |
Face à des émotions négatives soudaines, nous choisissons généralement :
| Choix | Exemple |
|---|---|
| S’échapper | Faire défiler son téléphone, boire de l’alcool |
| Enchevêtrement | Rejouer constamment le drame des événements passés désagréables |
| Suppression | Forcer les émotions à se calmer |
Ces méthodes ne font que fournir plus de nutriments au Corps de souffrance, le rendant de plus en plus fort.
Plus vous n’osez pas lui faire face, plus il peut vous contrôler.
Trois étapes pour dissoudre le Corps de souffrance
Pour dissoudre véritablement le Corps de souffrance, nous devons utiliser le pouvoir de la conscience :
| Étape | Action | Description |
|---|---|---|
| 1. Reconnaissez-le | Lorsque des émotions fortes surgissent, dites dans votre cœur : "Mon Corps de souffrance se réveille ; ce n’est pas mon vrai moi." | Ce que le Corps de souffrance craint le plus, c’est d’être découvert par vous |
| 2. Observez-le | Concentrez votre attention sur votre corps, en sentant si votre poitrine est serrée ou si votre gorge est nouée ; regardez-le calmement comme un spectateur | Ne suivez pas le scénario de l’émotion ; ressentez simplement sa position et son intensité dans votre corps |
| 3. Ne le nourrissez pas | Ne vous plaignez pas, ne perdez pas votre sang-froid et ne réagissez pas en même temps que l’émotion | Le Corps de souffrance a besoin de votre réaction pour se nourrir ; sans réaction, il se calmera lentement |
Lorsque vous pouvez regarder calmement vos émotions monter et descendre sans danser avec elles, cette "conscience" est la véritable armure qui vous protège d’être kidnappé par la souffrance.
Lorsque votre conscience est assez forte, le Corps de souffrance ne peut même pas se réveiller. Parce qu’il ne peut vous contrôler que lorsque vous êtes inconscient.
Le "Lâcher-prise" n’est pas une faiblesse, mais la base la plus solide pour l’action
En plus du Corps de souffrance accumulé du passé, nous créons également sans cesse de nouvelles souffrances dans le présent. Comment ?
En résistant à la réalité.
Votre voiture tombe en panne sur la route, et vous commencez à jurer de rage. Mais votre rage ne réparera pas la voiture ; elle ne fait que créer une couche supplémentaire de souffrance émotionnelle par-dessus le problème initial.
La véritable sagesse est le "Lâcher-prise" (Surrender) :
| Idée reçue | Le vrai Lâcher-prise |
|---|---|
| Abandonner, être passif, admettre la défaite | Accepter complètement dans votre cœur que "cela est déjà arrivé", en arrêtant la résistance interne à la réalité |
| Ne rien faire | Accepter d’abord la situation actuelle, puis entreprendre l’action la plus efficace à partir d’un lieu de paix |
| Vouloir que des choses terribles arrivent | Simplement reconnaître leur existence et ne pas lutter contre la réalité dans votre cœur |
Le lâcher-prise consiste d’abord à se réconcilier avec le présent dans son cœur, sans jugement ni plainte, puis à commencer à partir de ce point.
La résistance ne peut pas changer la réalité ; elle ne fait que vous infliger une couche de souffrance supplémentaire.
Observation de la respiration : l’ancre la plus simple pour revenir
L’esprit s’égare facilement ; nous avons besoin de quelques "ancres" pour nous ramener à ce moment.
La respiration se produit toujours au présent. Vous ne pouvez pas respirer l’air d’hier, ni celui de demain.
Lorsque vous vous sentez agité ou anxieux, essayez de concentrer votre attention sur votre respiration :
| Étape | Action |
|---|---|
| Ressentir l’inspiration | L’air entre par la cavité nasale, s’écoule lentement par la gorge et remplit la poitrine et l’abdomen ; ressentez la fraîcheur de l’inspiration |
| Ressentir l’expiration | L’air est expiré lentement ; ressentez la chaleur de l’expiration, le soulèvement et l’abaissement de la poitrine et la contraction de l’abdomen |
| Pas besoin d’ajuster délibérément | Pas besoin de respiration profonde particulière ni de contrôler le rythme ; inspirez et expirez simplement naturellement |
Concentrez-vous simplement sur votre respiration quelques fois de cette manière, et ces pensées désordonnées disparaîtront lentement, et votre esprit s’apaisera.
Ressentir le corps intérieur : empêcher l’esprit de vagabonder
Le corps vit toujours dans le Présent ; seule la
Penséecourt vers le passé et le futur.
Lorsque vous concentrez votre attention sur le corps, l’esprit ne peut pas vagabonder. Car le corps n’existe que dans cet instant.
Sans effectuer aucun mouvement, essayez de ressentir votre corps :
| Partie | Sensation |
|---|---|
| Orteils, mollets, cuisses | Ressentez leur poids, ressentez la température de la couverture qui les recouvre |
| Abdomen, poitrine | Ressentez le soulèvement et l’abaissement apportés par la respiration |
| Bras, épaules, cou | Y a-t-il un point de tension ? Un point douloureux ? |
| Tête | Ressentez les sensations subtiles de chaque partie |
Pas besoin de le changer, ressentez-le simplement.
Arrêter de juger, et ne vous blâmez pas si vous êtes distrait
Ce que la
Penséeaime le plus, c’est Juger.
Ceci est bon, cela est mauvais ; cette personne est gentille, celle-là est agaçante. Nos esprits jugent à chaque instant, et le jugement crée une distance entre nous et le Présent.
Tous les jugements sont des jeux de l’esprit, pas la vérité. Tout dans le Présent n’a pas besoin de votre jugement ; c’est simplement tel quel.
Vous pouvez essayer de trouver un objet près de vous, comme une tasse, et simplement observer sa texture, sa température et son poids, sans porter de jugement bon ou mauvais.
Lorsque vous arrêtez de juger, une connexion profonde s’établit entre vous et la chose devant vous.
Et si je suis distrait pendant la pratique ?
Se rendre compte que l’on est distrait est le meilleur type de conscience.
Ne vous fâchez pas ; dites-vous doucement : "Ah, mon esprit s’est encore égaré." Ensuite, ramenez simplement votre attention sur votre respiration.
Chaque fois que vous remarquez la distraction et que vous vous ramenez, c’est un moment de croissance.
| Frustrations courantes | Attitude correcte |
|---|---|
| "Pourquoi suis-je encore distrait ?" | Voir la distraction est une conscience ; pas besoin de se blâmer |
| "Je n’arrive pas à m’arrêter de penser complètement" | Il ne s’agit pas d’arrêter de penser, mais de ne pas suivre les pensées |
| "J’ai pratiqué pendant un moment mais je ne sens rien" | La conscience est un processus graduel ; n’en faites pas un autre objectif qui vous rende anxieux |
Comment amener l’"État d’observation" dans le travail et les relations ?
Maintenir un état d’observation est appelé la "Présence".
"Présence" est une véritable pratique dans chaque instant de la vie quotidienne.
Au travail : s’immerger totalement dans la tâche à accomplir
| La pensée comme maître | Travailler avec présence |
|---|---|
| Travailler en pensant au déjeuner, au week-end ou au futur | Se concentrer pleinement sur la tâche à accomplir, en faisant une chose à la fois |
| Travailler en ressentant de l’anxiété par rapport aux résultats | Se concentrer sur le processus lui-même ; le processus est votre "Présent" |
Dans les relations : être pleinement présent avec les autres
Lorsque vous discutez avec votre famille, posez votre téléphone et écoutez-les attentivement.
Lorsque vous passez du temps avec des amis, laissez de côté les distractions et profitez du temps ensemble.
La véritable intimité ne consiste pas à savoir combien on se dit, mais à ce que les deux soient dans le présent, une connexion de cœur à cœur.
Faire face aux défis : accepter d’abord, agir ensuite
Se plaindre du mauvais temps ne l’améliorera pas instantanément. Jurer contre les embouteillages ne les dissipera pas instantanément.
Se plaindre ne résout rien ; au contraire, cela gaspille votre temps et l’énergie de votre corps pour rien.
D’abord, acceptez et reconnaissez que "c’est la situation actuelle". Ne vous plaignez pas du temps et ne jurez pas contre les embouteillages ; commencez immédiatement à réfléchir à la manière de résoudre le problème en question.
Lorsque vous ne luttez plus contre la réalité dans votre esprit, vous pouvez réserver le maximum d’énergie pour résoudre le problème.
Si je vis au présent, dois-je encore planifier l’avenir ?
Beaucoup de gens demandent : "Si je ne vis qu’au présent, dois-je encore planifier l’avenir ?"
Bien sûr que oui, mais :
Planifier l’avenir utilise le "Temps de l’horloge". Concentrez-vous pleinement sur l’élaboration du plan, et revenez immédiatement à ce moment une fois que le plan est fait.
Eckhart Tolle dit que la Pensée est un excellent outil, mais c’est un maître terrible.
Utilisez la Pensée quand vous en avez besoin, et lâchez prise quand vous avez fini.
| Temps | Bon usage de la Pensée |
Mauvais usage de la Pensée |
|---|---|---|
| Passé | Apprendre de l’expérience | S’enfoncer dans les regrets et la souffrance du passé |
| Futur | Nous donner une direction d’objectif | Anxiété continue par rapport à un avenir incertain |
La véritable croissance consiste à ne pas vivre dans les regrets du passé, ni dans les fantasmes de l’avenir, mais à vivre dans les actions du Présent.
Le bonheur n’est pas dans le futur, mais dans chaque instant que vous vivez consciemment
L’éveil n’est pas un but à atteindre, mais un processus d’approfondissement constant.
Cela peut arriver à n’importe quel moment — peut-être quand vous faites la vaisselle, quand vous marchez, ou quand vous êtes allongé dans votre lit en ce moment en train de ressentir votre respiration.
La prochaine fois que vous commencerez à vagabonder dans vos pensées, essayez de récupérer votre attention et de ressentir votre respiration en cet instant. Posez-vous une question :
"Si je mets de côté les histoires du passé et les inquiétudes du futur, y a-t-il un problème en cet instant ?"
Vous découvrirez que la réponse est presque toujours "Non".
Ne placez pas votre bonheur dans un avenir vague et éthéré.
Désormais, vivez bien chaque moment ordinaire, et votre vie est déjà bien assez parfaite.
Vous êtes venu au monde pour faire l’expérience de la vie, non pour mettre en scène la perfection.
Le véritable pouvoir a toujours été ici et maintenant, d’où vous n’êtes jamais parti.